Les chroniques mensuelles de l'historien Henri Moizet
Retrouvez chaque mois des articles sur la Résistance en Aveyron proposés par Henri Moizet, historien de renom aveyronnais
Chronique du mois de mai 2013 : La GESTAPO DE RODEZ
Torture, déportation, mort ou libération... Les forces de police et les éléments SS, secondés par une armée d'indicateurs, ont rempli aussi leurs rôles à Rodez.
Même s'il ne présente pas de caractéristiques particulières, il convient de souligner l'important rôle répressif joué par les forces de police et les éléments, S.S implanté à Rodez.
Les missions principales du poste ruthénois étaient d'arrêter les résistants, les Juifs et toute personne suspecte, les interroger en utilisant souvent les interrogatoires renforcés et de les diriger, sans jugement sur Montpellier ou sur pour une déportation en Allemagne.
Au printemps 1944, on trouve au S.D de Rodez : Bottger, chef de service avec le grade de sous-lieutenant ; Stettien, son second, chef des renseignements ; Fiene-marm, interprète avec grade de caporal.
Indicateurs
Aux côtés de six hommes, de main et de trois supplétifs français, exécuteurs des basses œuvres, le S.D peut s'appuyer sur des indicateurs au nombre inconnu, mais dont la mémoire collective a gardé le nom de certains.
Avec le surnom du « Grand Luc » ou du « Grand Fauve blond », interprète Fienemann, arrivé à Rodez le 2 octobre 1943, allait acquérir un sinistre renommé. À la tête d'une bande de tueurs et ne sortant que revolver au poing, il faisait régner la terreur et était craint la population ruthénoise et même de celle des campagnes environnantes
«On le considérait comme un fervent disciple d'Hitler ». La répression n'a été efficace que parce qu'alimentée par des bons renseignements. Il y avait très nombreux indicateurs.
En Aveyron; la Gestapo a toujours arrêtera bon escient, elle s’est rarement trompée.
Les premières arrestations commencèrent dès le mois de janvier 1943, ne cessèrent pas jusqu'à la Libération.
Entre le 9 janvier 1943, date de la première arrestation, et le 6 août 1944, veille du départ des troupes cantonnées à Rodez, les arrestations enregistrées s'élèvent à 286. Il est certain que leur nombre réel a été supérieur à ce chiffre. Si pour la moitié, les arrestations ont été suivies d'une rapide libération, pour toutes les autres, ce fut la torture, la déportation ou la mort.
Le bilan répressif est terrible : 19 résistants furent torturés de manière cruelle dont 2 à mort: A. Merle et M. Pleinecassagne. Paul. Olivier, alias « Paul Clé »se suicidera en avalant du cyanure de potassium plutôt que de risquer de donner des indications sur les activités de la Résistance. 44 fusillés et 37 déportés, dont 12 ne sont pas revenus.
On peut essayer d'apprécier ces méthodes et de retrouver le film et la chronologie des atrocités imputables à la Gestapo de Rodez grâce aux témoignages effectués lors de son procès.
Tous patriotes arrêtés étaient conduits à la villa des roses Rue Grandet, où il fallait parler. L’interrogatoire renforcé ou poussé était pratique lorsque le détenu était susceptible de donner des renseignements intéressant la sécurité de l’armée allemande.

A gauche, Laurent pharmacien à St Afrique et célèbre collaborateur. Au centre, Yvette Bachellerie milicienne d’Aubin dans les bras du trop célèbre Finneman dit le Grand Luc qui torturait pendant qu’il jouait du piano et son chauffeur à droite.
Tortures
À Rodez, ils ont consisté aux pratiques suivantes : nourriture réduite, conditions d’incarcération pénible, privation de sommeil, coup de poing, pied, de bâton et de ceinturon, serre-tête, brulure au visage, à la plante des pieds, épingles enfoncées dans les ongles et testicules……Pour le supplice de la règle triangulaire, voici le témoignage de Marcel Angles, négociant ruthénois de 55 ans, arrêter le 29 avril 1944 à cette date président du comité d’action contre la Déportation : « J’eus alors droit à la règle a trois faces. Seules les rotules portaient sur l’angle tranchant, alors que je ne touchais le sol que par les bouts des pieds ». Le supplice de la baignoire consistait à plonger le prisonnier dans une baignoire d’eau glacée, pied et mains liées et à lui maintenir la tête sous l’eau jusqu’à suffocation presque complète. On le tirait hors de l’eau par les cheveux. Si le « patient » refusé encore de parler, on le replongeait immédiatement.
C’est probablement au cours d’une de ces séances que mourût Alfred MERLE, patron gantier de Millau et chef de l’Armée Secrète(A.S).

Même s'il ne présente pas de caractéristiques particulières, il convient de souligner l'important rôle répressif joué par les forces de police et les éléments, S.S implanté à Rodez.
Les missions principales du poste ruthénois étaient d'arrêter les résistants, les Juifs et toute personne suspecte, les interroger en utilisant souvent les interrogatoires renforcés et de les diriger, sans jugement sur Montpellier ou sur pour une déportation en Allemagne.
Au printemps 1944, on trouve au S.D de Rodez : Bottger, chef de service avec le grade de sous-lieutenant ; Stettien, son second, chef des renseignements ; Fiene-marm, interprète avec grade de caporal.
Indicateurs
Aux côtés de six hommes, de main et de trois supplétifs français, exécuteurs des basses œuvres, le S.D peut s'appuyer sur des indicateurs au nombre inconnu, mais dont la mémoire collective a gardé le nom de certains.
Avec le surnom du « Grand Luc » ou du « Grand Fauve blond », interprète Fienemann, arrivé à Rodez le 2 octobre 1943, allait acquérir un sinistre renommé. À la tête d'une bande de tueurs et ne sortant que revolver au poing, il faisait régner la terreur et était craint la population ruthénoise et même de celle des campagnes environnantes
«On le considérait comme un fervent disciple d'Hitler ». La répression n'a été efficace que parce qu'alimentée par des bons renseignements. Il y avait très nombreux indicateurs.
En Aveyron; la Gestapo a toujours arrêtera bon escient, elle s’est rarement trompée.
Les premières arrestations commencèrent dès le mois de janvier 1943, ne cessèrent pas jusqu'à la Libération.
Entre le 9 janvier 1943, date de la première arrestation, et le 6 août 1944, veille du départ des troupes cantonnées à Rodez, les arrestations enregistrées s'élèvent à 286. Il est certain que leur nombre réel a été supérieur à ce chiffre. Si pour la moitié, les arrestations ont été suivies d'une rapide libération, pour toutes les autres, ce fut la torture, la déportation ou la mort.
Le bilan répressif est terrible : 19 résistants furent torturés de manière cruelle dont 2 à mort: A. Merle et M. Pleinecassagne. Paul. Olivier, alias « Paul Clé »se suicidera en avalant du cyanure de potassium plutôt que de risquer de donner des indications sur les activités de la Résistance. 44 fusillés et 37 déportés, dont 12 ne sont pas revenus.
On peut essayer d'apprécier ces méthodes et de retrouver le film et la chronologie des atrocités imputables à la Gestapo de Rodez grâce aux témoignages effectués lors de son procès.
Tous patriotes arrêtés étaient conduits à la villa des roses Rue Grandet, où il fallait parler. L’interrogatoire renforcé ou poussé était pratique lorsque le détenu était susceptible de donner des renseignements intéressant la sécurité de l’armée allemande.

A gauche, Laurent pharmacien à St Afrique et célèbre collaborateur. Au centre, Yvette Bachellerie milicienne d’Aubin dans les bras du trop célèbre Finneman dit le Grand Luc qui torturait pendant qu’il jouait du piano et son chauffeur à droite.
Tortures
À Rodez, ils ont consisté aux pratiques suivantes : nourriture réduite, conditions d’incarcération pénible, privation de sommeil, coup de poing, pied, de bâton et de ceinturon, serre-tête, brulure au visage, à la plante des pieds, épingles enfoncées dans les ongles et testicules……Pour le supplice de la règle triangulaire, voici le témoignage de Marcel Angles, négociant ruthénois de 55 ans, arrêter le 29 avril 1944 à cette date président du comité d’action contre la Déportation : « J’eus alors droit à la règle a trois faces. Seules les rotules portaient sur l’angle tranchant, alors que je ne touchais le sol que par les bouts des pieds ». Le supplice de la baignoire consistait à plonger le prisonnier dans une baignoire d’eau glacée, pied et mains liées et à lui maintenir la tête sous l’eau jusqu’à suffocation presque complète. On le tirait hors de l’eau par les cheveux. Si le « patient » refusé encore de parler, on le replongeait immédiatement.
C’est probablement au cours d’une de ces séances que mourût Alfred MERLE, patron gantier de Millau et chef de l’Armée Secrète(A.S).
Henri Moizet
Henri Moizet et Jean Costumero