Portrait d'une résistante unique : Odette Garcia

Un grand hommage à Odette Garcia qui nous a quitté le 20 décembre 2011


Née d’un père russe, typographe de son état, émigrée avant la guerre de 14-18, qui trouva du travail dans les mines Decazevilloise, en tant que sauveteur, ne pouvant pas exercer son premier métier, eu égard aux difficultés d’alors en terme d’intégration, mais surtout étant prétendument, et à tort analphabète. Il ne manqua pas de s’engager, lui aussi, dans la première guerre mondiale, puis dans un deuxième temps dans la résistance, dans les heures les plus sombres. Sa mère, Odette BELIAKOFF était française Odette était la cadette des trois filles.

Très tôt elle du quitter l’école privée de" Fontvernhes", malgré un niveau d’étude brillant, à cause du conflit qui l opposait à la sœur qu’elle avait bien malgré elle, surprise dans des ébats avec le curé de la paroisse.
Afin de contribuer à l’effort d’éducation du ménage, elle trouva du travail, en allant glaner du charbon sur les terrils de la mine. Ce travail consistait à ramasser sur les crassiers, le restant de charbon tombé des bennes transporteuses, en le triant, afin de rejeter les pierres, et ne garder que la houille utilisable. Le tout mis dans des sacs de 50 kg.


Odette alors âgée de 13 ans et jusqu'à l’âge de quitter le nid familial collectait parfois jusqu'à 100kg par jour. Ce travail s effectuait sur des pentes vertigineuses, dans un risque maximum notamment, sous les bennes dont tombaient des rochers, qui dévalaient les pentes des terrils au risque de ce faire écraser, par une chaleur intense l’été, et glaciale l’hiver. Le charbon des glaneuses se vendait bien à cette époque.

Odette et Henri, fiancés pendant trois ans, et mariés, durant neuf mois seulement. Elle avait 21 ans et lui 23.
Henri en charge de l’organisation des jeunesses communiste, trouva en Odette, une aide précieuse, aux niveaux des alibis structurels dus aux regards des contrôles de polices, ou en tant qu’accompagnatrice ou porteuse de messages.
Elle fut aussi une remarquable secrétaire tapant les tracts de propagande, qu’Henri, distribuait par la suite, dans les musettes de ces amis sur leurs lieux de travail.


Après la mort d’Henri elle ne reviendra jamais vivre chez eux, c’est chez ses beaux parents, qu’elle trouvera un peu de réconfort, et de chaleur échappant ainsi et, sans nul doutes aux menaces de Crespo Domingo.
Un mois plus tard, par dépit, ou esprit suicidaire, Odette pris la décision de s’engager, dans la résistance. Très vite son courage et sa formation acquise auprès d’Henri, la mirent en situation d’être recrutée, par le Commandant "MARC", elle se rendit spontanément au maquis d’Ols pour informer le commandant "MARC", sur la vérité concernant, la capture du défunt Henri, et après une très longue conversation, Marc lui proposa de devenir l’une des toutes premières agents de liaison. 


La confiance acquise de part le fait qu’elle était la veuve d’Henri, et qu’elle retrouva au sein du maquis, son ange protecteur Pierre DELPECH.
Odette allait de maquis en maquis, ayant toujours sur elle le pistolet 6.35, que lui avait laissé Henri. Parfois en bicyclette, parfois en auto, qu’elle essaya de conduire, mais après un accident impressionnant mais sans dommage pour les quatre passagers, on décida de lui allouer un chauffeur, qu’elle connaissait bien, car ancien Decazevillois, « le chinchou » ou ALCOSER. (Beau-frère de l’inspecteur Bessières).
Elle fit pendant ce temps auprès du commandant Marc, la connaissance de celle qui allait devenir une grande amie ; Suzette BESSIERE, qui n’était autre que la secrétaire du commandant.


Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP) ; est une organisation de la résistance française née, en octobre 1943, de la fusion des Forces unies de la jeunesse (FUJ) et du Front patriotique de la jeunesse (FPJ) et dont Jean Pronteau est l’un des principaux responsables. Elles regroupent :
• les Jeunes chrétiens combattants
• les jeunes de l’Organisation civile et militaire (OCM)
• la Fédération des Jeunesses communistes de France
• les jeunes du Mouvement de libération nationale (MLN)
• le Front patriotique de la jeunesse
• l’Union des étudiants patriotiques
• Sport libre
• les Jeunes Paysans patriotiques
• l’Union des jeunes filles de France (ou étais Odette)
• les Jeunes Laïcs combattants
• les Jeunes Protestants patriotiques
• les Jeunes Francs-tireurs et partisans (FTP)
Les Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP) sont sous le contrôle du Parti communiste français (PCF), ce qui provoque parfois des tensions entre leurs différentes composantes.



Lors du congrès des Forces unies de la jeunesse patriotique, du 2 au 3 juin 1945, on décide à l'unanimité de rallier les rangs de l'Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF).
Odette sera en contact plus fréquent avec le capitaine « FELIX » du maquis d’Ols, Eugene PELAT ancien rédacteur en chef de « La Voix de l’Est » à Nancy, échoué dans la région de Decazeville et adjoint de MARC.

Lors de la réception à la mairie de Decazeville, pour le 14 juillet, nouvellement promue commandant F.F.I, elle sera très chaleureusement félicitée, ainsi que « toutes ses filles, « comme elle se plait à les appeler, pour son engagement dans la résistance, par le commandant « CURY », qui au cours de son allocution prononcera un éloge à la mémoire d’Henri.

Fin Août 1944 Odette est en charge, de la gestion des carnets de réquisitions, et, fonde un atelier de confection dans l’école Sainte-Foy, à côte du cinéma le Family, à Decazeville avec BANICK Catherine, PEREZ..., DEBON Thérèse, CRESPO Estrella, BRANCALEONE Argentine, PERIANES, 30 femmes au total, pour confectionner tout ce dont le maquis à besoin, des vêtements aux drapeaux de la libération.

(Argentina BRANCALEONE)


Elles y confectionnaient, des cocardes pour les manifestations patriotiques, des vêtements pour les fêtes populaires, elles portaient secours aux indigents, elles participaient anonymement à des actes tels que : l’arrachage d’affiches, inscriptions des V sur les murs de la ville, distribution de tracts que découvrait la ménagère dans son sac, le badaud dans sa poche, le professeur dans son cartable ou l’ouvrier sur son établi.

Bon nombre d’entre elles ont hébergés "le passager d’un soir", qu’il soit réfractaire au S.T.O ; Résistants Français; ou Guérilleros Espagnols, cachant parfois des armes ou bien des papiers très compromettants.

Elles ont vu partir souvent leurs maris, mais aussi leurs enfants, et elles sont devenues « mère courage », entrant ainsi elles aussi dans cette bataille de l’ombre et devenant le dernier rempart contre l’occupant nazis ou italien, envahisseurs imbus de leurs idées fascistes.


(Mademoiselle CHAPEAU-BLANC)


Suite au départ, du maquis d’ols pour le front, elle restera en charge de « ses filles » jusqu'à la victoire finale.

Elle assistera aux très nombreux procès de la collaboration, en compagnie de Paul MOUISSET d’Aubin, et, alors maire de Firmi, qui se dérouleront dans les locaux de l’hôtel Biney à Rodez. Ainsi qu’aux exécutions qui en découleront et qui auront lieu dans les locaux de la caserne de Rodez.

Sans doute là encore un exutoire, pour tenter d’effacer à sa manière l’image restée dans sa mémoire de son mari, torturé, battu, puis fusillé.

Elle assistera aussi à la tonte de celle que l’on appelait "La bossue", de Fontvernhes, pour avoir couché avec des allemands.